L’expérimentation artistique de ces œuvres de terre cuite, d’essence préhistorique, impose quatre phases de réalisation, en dehors même de la conception intellectuelle de la statuaire.

Tout d’abord il faut rechercher la matière avec laquelle l’œuvre sera fabriquée, en l’occurrence une argile dont les critères de plasticité demeurent intrinsèquement liés aux sens de l’artiste. En d’autres termes, il est question dès ce moment, de la perception tactile sensuelle d’une certaine souplesse de la matière à utiliser.

Cette quête du toucher charnel envers le choix de la plasticité de l’argile convoitée peut être longue, car elle détermine psychologiquement le bien être du contact sensible entre la peau de la main et « l’autre » matière. . . Et donc, doit entraîner la réussite conceptuelle de l’œuvre.

Les argiles utilisées ici ont été collectées sur des terrains primaires aux sous-sols granitiques. Quelques mélanges de terres ont aussi été expérimentés.

La seconde phase voit la préparation manuelle de la terre, qui est triée puis malaxée et, dans un second temps après un repos de quelques jours, associées à un dégraissant sableux, calibré lui aussi manuellement. Là encore, le pourcentage du « mélange » et de l’assouplissement de la terre est fonction de l’expérience du sculpteur.

Cette terre est ensuite mise au repos plusieurs jours ou plusieurs semaines, en fonction des périodes de l’année où celle-ci est préparée et de la température extérieure. Puis elle est à nouveau pétrie manuellement quelques heures avant le début du façonnage.


La troisième phase voit le travail de sculpture proprement dit, qui peut prendre plusieurs jours à plusieurs semaines selon les complexités techniques recherchées par le sculpteur. Ce travail est entièrement réalisé à la main. Cependant, dans un souci de recherches techniques, de petits outils sont fabriqués eux aussi à la main, au moyen d’outils en pierre, dans des matières naturelles courantes : bois, os, pierre, bois de cervidés, corne.

Ces outils sont essentiellement des : lissoirs, spatules, pointes, couteaux, racloirs, baguettes  et divers poinçons.

Lorsque la sculpture est achevée, elle est mise au séchage dans un lieu sécurisé, dans l’obscurité, et son taux de réduction d’humidité est surveillé journellement. Ce séchage prend plusieurs mois ; quatre à six selon le volume des œuvres.


La dernière phase voit l’opération de cuisson qui se déroule selon deux modes différents en fonction des objectifs techniques et artistiques de l’artiste.

1°/ Soit dans un four ouvert, enterré, où la sculpture est au contact direct avec les flammes ;

Dans ce cas, deux techniques de cuisson sont pratiquées :

a/ Soit le feu, qui débute dans chaque cas très doucement, est constitué d’un brasier puissant (contrôlé) alimenté par un ensemble de combustibles végétaux de toutes natures (feuilles, bois divers, broussailles, etc.),

b/Soit le feu est maîtrisé par étouffement des flammes dès le début de la combustion, ce qui fait que la cuisson est plus régulière et qu’il n’y a pratiquement pas de « coups de feu » sur l’objet cuit.



2°/ Soit dans un four fermé éphémère, construit en terre ou en briques sans mortier. La pièce à cuire n’est pas en contact directe avec les flammes. Une variante de ce procédé consiste à cuire l’objet dans le four éphémère, au contact des flammes. L’espace de chauffe est plus restreint que dans le four enterré.

Dans les deux cas (four enterré ou four éphémère), la cuisson dure entre 8 et 10h. La température maximum relevée atteint 800°. Cette température se maintient pendant environ 5 à 6h.


En fin de cuisson, lorsque la température est bien retombée (jusqu’à environ 300°), la sculpture subit alors un ultime travail qui consiste, après nettoyage de la cendre mais toujours dans le four, à la parer  d’un engobe minéral et/ou végétal d’ordre décoratif. Ce travail se faisant « à chaud », la réalisation demande une bonne préparation en amont et une prompte dextérité.

Dans tous les cas relatés ici, toutes les oeuvres sont uniques et signées.



Cette nouvelle sculpture dénote un peu avec mes "habitudes" contextuelles, mais ce "démon" me hantait depuis quelques mois.

Je lui ai donc donné existence. Il attend depuis quelques temps, le feu de sa seconde naissance . . .

 

Depuis quelques semaines il est enfin né des flammes du four...

Il ne ferait pas bon le rencontrer la nuit dans les ruines de Cnossos...

 


Naissance de la Femme-Lionne, personnage hybride né de l'imagerie des chasseurs du Paléolithique et de la mythologie Crétoise de Minos...

Son "frère" le Minotaure n'est sans doute pas très loin...

Cette femme assemble la beauté sensuelle de la féminité et la dangerosité animale de notre espèce...